Hadès : balade inspirante le long des Enfers.

Bon, j’y tiens plus, faut que je vous parle d’un truc : Hadès.

Pas le Dieu de la mythologie grecque, hein, enfin si, un peu, mais plus précisément : le jeu de Supergiant Games. Disponible en early access (accès anticipé) fin 2018, la version définitive du jeu sort en septembre 2020, et c’est le carton sur Twitch depuis quelques semaines.

Zagreus, prince des Enfers.

Perso, je l’ai découvert sur les lives d’Antoine Daniel (oui, encore et toujours lui), et ç’a été le coup de foudre – platonique, je ne suis pas vraiment gameuse.

En effet, en terme de gaming, on pourrait dire que je suis croyante non-pratiquante : j’adore les univers vidéo-ludiques, mais je n’y joue pas (peur de l’addiction, tout ça tout ça, je me connais) ; mon plaisir se trouve donc logiquement dans les let’s play (vidéo où un·e joueurse joue à un jeu, en le commentant), qu’ils soient des Joueurs du Grenier, ou d’Antoine Daniel, justement. Ses lives Animal Crossing m’ont d’ailleurs bien aidée à garder le moral lors du semi-confinement de ce printemps.

Bref, pourquoi causer d’Hadès ?

Hadès, le jeu

Nyx, déesse de la Nuit.

Déjà, pour le plaisir immense de redécouvrir la mythologie grecque, avec ce petit twist fantasy décomplexé qui fait la beauté du jeu. Si les décors sont beaux, les personnages sont quant à eux tout simplement sublimes, au design inventif, chacun caractérisé par une foule de détails qui dit beaucoup de leur personnalité, et extrêmement bien doublés (du moins dans la v.o.).

Je me rends compte que je n’ai pas parlé de quelle sorte de jeu il s’agit, alors voici en quelques mots : on incarne Zagreus, fils d’Hadès roi des Enfers, dans un rogue-like (jeu de type donjon à travers lequel on se fraie un chemin en dézinguant à l’aide d’armes diverses les ennemis qui se mettent en travers de notre passage). Aidé des dieux et déesses de l’Olympe, notre avatar tente d’échapper à l’emprise paternelle – mais pas que.

Je ne sais pas si on peut réellement qualifier la dynamique de jeu de die & retry (littéralement : mourir et réessayer), mais de mon point de vue, ça s’applique : lorsque Zagreus est vaincu, pas de checkpoints (sauvegarde d’étape) mais un retour à la maison paternelle, et c’est reparti pour tout se refarcir le trajet à travers les différents niveaux de l’Enfer pour espérer en sortir.

Loin d’être frustrant, ce mécanisme ludique permet d’explorer le jeu en profondeur, puisque du lore (développement annexe de l’univers) s’ajoute à chaque nouvelle run (course), que les interactions avec les différents personnages donnent de l’ampleur à l’histoire et permettent de s’y attacher (passion Achille, toi-même tu sais).

De plus, les upgrades (améliorations) et capacités spéciales achetées ou reçues durant la run sont pour la plupart perdues à chaque mort. Ça a l’avantage de pouvoir tester d’innombrables combinaisons au cours du jeu, et d’affiner son style au fur et à mesure, en privilégiant tel ou tel aspect, ou au contraire de toujours se réinventer.

Bon, je suis pas chroniqueuse jeu-vidéo, alors où veux-je en venir, en vous parlant de tout ça ?

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« Nous sommes la première génération des derniers humains » (G.Anders) Et si on parlait un peu d’Apocalypse ?

L’intérêt d’étudier les fins du monde

Comme je le disais dans un précédent article, les univers de fictions, l’écologie et la théologie forment la trinité de mes intérêts intellectuels. Mais, aujourd’hui, j’ai envie de creuser une dimension de l’écologie qui me passionne. Il s’agit du catastrophisme ou courant apocalyptique. Etudier les écrits d’effondrement, leurs enjeux éthiques et leurs pertinences pour une réflexion théologique me fascine ! Alors, parlons-peu, mais parlons un peu de la fin du monde ! Cependant, comme le sujet est vaste, je vous propose de plonger pour ce premier article sur les méandres du catastrophisme par angle précis: celui de la destruction nucléaire du monde. Dans cet article je prendrai un exemple philosophique et un vidéo-ludique. J’invoque pour cela le philosophe Günther Anders et le RPG Fallout 4 ! Enjoy !

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Sauver le monde en le sacrifiant à moitié ? Thanos : l’idéal malthusien !

Pensée écologique, théologie et … Marvel !

J’ai, en résumé, trois passions dans la vie. Dieu, l’écologie et les univers de fiction. Et tenter de mêler les trois est un défi très stimulant ! Du coup, cette semaine, je vous propose d’aborder un sujet croustillant de la pensée écologique : la démographie. Mais, pour ce faire, nous allons utiliser notre aubergine préférée de l’univers Marvel, le Titan fou Thanos ! Enfin, comme la question de la démographie touche à celle de la prospérité et croissance humaine, nous pourrons finir en repensant théologiquement ces dernières. Vous verrez, ça va être fou.

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« Ayez foi en la Lumière, et tout sera possible. » Pourquoi j’ai toujours aimé jouer paladin !

Du paladin au théologien

Fun fact : avant de pouvoir me payer un abonnement sur World of Warcraft (ci-après : WoW), j’ai enchaîné les comptes d’essais gratuits. Et c’était frustrant car lesdits comptes ne duraient que 10 jours. Pour une raison qui m’échappe encore, je créais systématiquement des prêtres. Puis, quand j’ai eu mon vrai compte, j’ai créé Kalecos – allez le voir, il est si beau. Kalec’ est un paladin âgé de bientôt 12 ans et sur lequel j’ai aujourd’hui 94 jours de jeu (avec combien de personne avez-vous passé 94×24 heures dans votre vie?). Bref, le point commun entre un prêtre et un paladin c’est qu’il s’agit de deux classes dont la force et l’énergie se base sur leur foi en la Lumière (j’y reviendrai). Et dans la vrai vie, enfin : j’ai fait de la théologie. Coïncidence ? Sans doute. Des points communs ? Certainement !

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« L’univers du gaming me donne un angle d’approche sur les relation humaines (…) » La vie à travers un rôle de MMO : témoignage.

Témoignages de gamer.se.s !

Il y a quelques mois, j’avais écris un article : « Pour moi, le travail en équipe, c’est comme dans les jeux en ligne… » J’avançais le lien entre les rôles de Tank, Heal et DPS et leurs dimensions suggestives pour nos relations humaines. Et comme je me lasse jamais de parler de MMO, poursuivons l’expérience ! Cependant, cette fois, nous allons passer par des témoignages de joueur.se.s (ou ex-joueur.se.s) que j’ai recueillis. Aujourd’hui nous en découvrons deux : Elio et Kyran !

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« Quelle honte ! Faire passer sa propre cupidité avant la santé de (la planète) d’Azeroth » World of Warcraft, Battle for Azeroth : une extension écologiste !

World of Warcraft et la pensée environnementale

Les univers de jeux-vidéos et les histoires qu’ils racontent sont des reflets colorés des enjeux de notre humanité et notre société : jusque-là rien de nouveau. Cependant, certains le font avec plus de finesse et de profondeur que d’autres. Alors, parlons peu mais parlons de World of Warcraft Battle for Azeroth et d’environnementalisme !

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Fruits Basket, ce manga qui me redonne la foi.

« Nous lisons tous des histoires, regardons des films, des séries, jouons à des jeux qui nous emmènent ailleurs, dans d’autres mondes qui souvent n’existent pas. Nous savons pourtant qu’il ne s’agit pas simplement d’une distraction, une activité qui nous éloignerait de notre vie, de ce qui nous est cher. Au contraire. Une fois le livre fermé, le jeu terminé, les mondes continuent à vivre, les personnages sont encore là, qui nous accompagnent, nous inspirent, habitent nos conversations ou nos rêves. »

In Fabula Veritas

Cette citation tirée de la présentation du podcast In Fabula Veritas, dont j’ai la joie de faire partie, dit bien l’importance de la fiction dans la manière dont nous nous construisons en tant que personne ; la fiction fait partie de nous, et les personnages que nous rencontrons peuvent devenir de précieuxes compagne·on·s de route. Grâce aux épreuves, relations et aventures que nous avons vécues à travers elleux, nous avons une empathie et des ressources mentales insoupçonnées pour mener notre vie, des exemples, une ligne de conduite, des valeurs.

L’avantage de la fiction par rapport à l’inspiration IRL, c’est la multiplicité : en effet, on peut vite se retrouver à l’étroit dans les modèles offerts par notre société ou notre entourage. Alors que d’innombrables personnages s’offrent à notre attention dans les livres, les films, les jeux, … et là, il y a fort à parier que l’on trouvera celleux qui nous inspireront, pour quelques jours, quelques années, ou toute une vie.

Et s’il y a un personnage qui m’accompagne, et ce de plus en plus près, c’est l’héroïne du manga Fruits Basket : Tohru.

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Le ban IRL

Récemment, confinement oblige, je me suis découvert un nouveau plaisir : les lives Twitch (contenus diffusés en direct sur ladite plateforme en ligne). Ça a été un bon (et étrange, il faut bien l’avouer) moyen de palier à la distanciation d’avec mes proches, puisque ce format de stream en direct et d’interaction via le chat donne une impression certaine de proximité avec le·a streameur·se. On pourrait disserter sur les mécanismes psychologiques qui se cachent derrière cette impression, mais là n’est pas mon sujet (navrée si vous êtes déçu·e, mais je crois tout de même pouvoir intéresser avec la suite!).

En effet, s’il y a un mécanisme que j’ai découvert avec les lives Twitch, c’est le ban. Lors des lives d’Antoine Daniel, l’ancien Seigneur de Youtube ayant depuis migré sur la plateforme de stream, un avertissement revient souvent : « Pas de backseat ou de vu ! sinon c’est le ban » – cela signifie que les viewers aidant trop le streamer via le chat gâchent l’expérience de jeu de ce dernier et sont donc banni·e·s de la chaîne. C’est un mode de fonctionnement a priori sévère, mais qui a le mérite de poser un cadre clair et de permettre à toustes de profiter du moment. Rares sont donc les contrevenant·e·s à la règle, car le jeu n’en vaut pas la chandelle (même si le ban n’est pas nécessairement définitif – un peu comme quand Peter Pan bannit à vie Clochette après qu’elle a tenté de faire tuer Wendy, mais adoucit la peine à une semaine quand Wendy lui reproche sa dureté).

Cette règle du ban en cas de débordement, je l’ai vite assimilée dans ma pratique de spectatrice de stream, car elle parait juste et reste discrète, simplement rappelée en début de partie.

Les transitions ça n’est pas mon fort, alors parlons féminisme, voulez-vous bien ? (On va retomber sur nos pattes dans un moment, vous verrez, ça sera super).

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La Chronique ludique : La Quête Du Bonheur

« Bonjour, je me nomme Kenji, j’ai 17 ans, bientôt la majorité. Le seul parent proche que j’ai en plus de mes parents est cousin Jim. Il adore collectionner les objets de valeurs comme les voitures. Peut-être qu’un jour j’hériterai de sa collection ?

Je me sais né avec un talent. Celui de ne pas me stresser lorsque je dois refaire deux fois la même action de suite. Je maîtrise grave. 

Je fais des petits boulots temporaires pour gagner mon argent de poche. Je viens de jouer au loto pour la 1ère fois de ma vie, on verra bien. J’ai pu commencer à prendre des cours de danse… mais alors là, j’ai vraiment deux pieds gauches ! Mais bon, je vais persévérer. Je suis aussi un joueur compulsif, surtout au casino… au lieu de me contenter de jouer juste une fois, bah, je préfère directement miser deux fois ! J’aime interagir et jouer avec mes ami·e·s. Un de mes rêves du moment est de me constituer une collection de Whiskys… »  

Voilà un exemple d’un résumé du tour de jeu « adolescence » dans La Quête Du Bonheur. Oui, dans LQDB nous allons réaliser notre « vie de rêve » grâce à une mécanique légère, avec des cartes et de multiples choix afin de gagner un maximum de BLT (Bonheur à long terme). Car dans ce jeu, nous allons vivre et mourir sur 8 tours potentiels. Premier tour « adolescence », 4 tours « adulte » et 3 tours « troisième âge ». Comme dans la vraie vie, nous pouvons mourir au 3e âge mais aussi prématurément lorsqu’on accumule trop de stress et d’anxiété (BCT- Bonheur à court terme). 

On peut jouer de 1 à 4 joueurs. Nous ne sommes pas vraiment adversaires, je dirais plus des « compagne·on·s de jeu » ou même « de vie ».

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Tous les suicidés sont le Christ, toutes les baignoires sont le Graal

Kaamelott, la série culte qui a influencé la vision francophone des mythes arthuriens, et qui nous a promis, plus de dix ans après la diffusion du dernier épisode, un film censé sortir cette année… C’est l’occasion rêvée de revenir dessus, histoire de patienter encore un peu.

Kaamelott, c’est l’histoire du roi Arthur, entre ses chevaliers, sa femme, ses maîtresses, son passé, son peuple, et la quête du Graal. Evoquez Kaamelott et vous obtiendrez immanquablement un « Arthour ! Pas changer assiette pour fromage ! », un « Elle est où la poulette ? », ou encore un plus sobre « C’est pas faux. » Le talent pour la réplique qui fait mouche, Alexandre Astier l’a sans aucun doute, et cet humour à la fois simple et subtil (ainsi qu’une mise en scène très efficace) y est pour beaucoup dans le succès phénoménal qu’a connu et que connaît encore la série.

Ce qui est assez drôle quand on y pense, c’est le rôle finalement très mineur joué par la question religieuse dans une oeuvre somme toute basée sur la quête du Graal, fameux récipient dans lequel aurait été récupéré le sang du Christ.

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